poésie les écoliers

Maurice Fombeure – Les écoliers

Sur la route couleur de sable

En capuchon noir et pointu,

Le « moyen », le « bon », le « passable »

Vont à galoches que veux-tu

Vers leur école intarissable.

 

Ils ont dans leur plumier des gommes

Et des hannetons du matin,

Dans leurs poches, du pain, des pommes,

Des billes, ô précieux butin

Gagné sur d’autres petits hommes.

 

Ils ont la ruse et la paresse

— Mais l’innocence et la fraîcheur —

Près d’eux les filles ont des tresses

Et des yeux bleus couleur de fleur

Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

 

Puis les voilà tous à s’asseoir

Dans l’école crépie de lune,

On les enferme jusqu’au soir

Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume

Pour s’envoler. Après, bonsoir !

 

Ça vous fait des gars de charrue

Qui fument, boivent le gros vin,

Puis des ménagères bourrues

Dosant le beurre et le levain.

Billevesées, coquecigrues,

Ils vous auront connues en vain

 

Dans leurs enfances disparues !